jeudi 23 août 2012

Week-end à Garango


 Trois jours de week-end à Garango, en pays bissa
 
  Mohemine et Tatiana préparent les fourmis volantes pour le grill
 
                                    En route vers Pagou, le village natal de Aminata

Autour d’une calebasse de dolo, le Chef de Terre nous donne l’autorisation de grimper sur la colline

 Tobogan naturel

 En haut de la colline du Boulougou (350 m environ)

                                          Village - ou plutôt cour - de Pagou vu du ciel

                                                                    Greniers

 Photos de famille

lundi 23 juillet 2012

Ciel bleu vs ciel gris



La pluie menace sur les bords du barrage de Loumbila



Alors que dans la province du Ioba, les nuages se découpent sur le ciel bleu

Ouagames 2012 ou les Jeux Olympiques de Ouagadougou

Koubri, 7 et 8 juillet 2012

L'équipe bleue - équipe forte et soudée - vainqueur de la 1ère épreuve de WaterRugby. Principe : un rugby aquatique où tous les coups, où presque, sont permis. Un début bien sportif !

On enchaine avec la 2ème épreuve, sans doute la plus physique des Ouagames, la course de brouettes

- Humiliés face aux deux équipes bleues qui se sont retrouvées face à face en finale du tournoi de pétanque, les rouges n'ont pas souhaité que des prises de vue soient publiées sur cette épreuve. Par fairplay, les bleus ont accepté leur position -


Le jour 2 débute par une nouvelle grosse épreuve, le triathlon. A gauche, Claire à la lutte contre Camille. A droite, le plus beau finish du week-end. Dommage que ça ne comptait pas !

 Balle aux prisonniers, des talents se révèlent...


Ping-pong - Baby Foot : Bleus 1 - Rouges 1. La compétition est serrée !

 
 Dernière épreuve du week-end, la tèque permet aux bleus d'égaliser 4-4


 N'ayant pu se départager - certains observateurs diront qu'il s'agit d'un abandon de l'équipe rouge sur la dernière épreuve programmée, les combats dans l'eau - la coupe des Ouagames sera remise en jeu lors des JO d'hiver !


Cérémonie de clôture par le CIO, le Comité International des Ouagames !

vendredi 13 juillet 2012

Travailler au Burkina


Article écrit pour ESSEC Africa Review, publication prévue pour septembre
En regardant une carte, on découvre un Burkina Faso enclavé en Afrique de l’Ouest, partageant ses frontières avec six autres pays. Certes, le Burkina ne dispose pas d’un accès à la mer comme ses voisins côtiers, mais c’est un carrefour en Afrique de l’Ouest, tant sur le plan touristique, politique que culturel. Les cinémas, théâtres et concerts occupent suffisamment bien les soirées ouagalaises et le pays est une référence de stabilité sur le plan politique. Ceci lui confère un rôle non négligeable sur la scène ouest africaine, qui s’affirme à nouveau dans le contexte de crise malienne.
L’économie du Burkina Faso est encore essentiellement dominée par les activités agricoles, qui rythment l’année, et les activités informelles, qui font bouillonner les marchés dans les villes. Les indicateurs de développement ne sont pas reluisants (IDH* : 181/187, taux d’alphabétisation des adultes de 29%) et les conditions naturelles (enclavement, climat) sont autant de défis à relever pour une personne qui souhaite travailler au Burkina.
Mais ce sont justement ces enjeux qui rendent passionnantes les activités que l’on peut mener dans le pays. Par exemple, que diriez-vous de travailler à la structuration de la filière mangue ou karité, de la production jusqu’au consommateur final, en passant par toutes étapes de la transformation et la distribution, et en intégrant des enjeux les plus actuels comme les certifications équitable et biologique, la prise en compte des communautés locales, les exigences du marché, etc ?
Les plus audacieux peuvent aussi se lancer dans le développement d’entreprises sociales qui visent à répondre directement à des problèmes de société. Les entrepreneurs pourront certainement compter sur le niveau élevé de formation de la jeunesse burkinabè, la bonne volonté et le dynamisme des partenaires, le développement des technologies de l'information et de la communication et la spécificité de ce pays où « tout est possible ». En tous cas, dans ce secteur de l’entrepreneuriat social, ce ne sont ni les opportunités de marché ni la variété des secteurs d’intervention qui manquent. Nutrition, accès à l’énergie, développement rural, tourisme « solidaire », gestion des déchets…, des modèles économiques pérennes et réplicables restent à inventer !
Enfin, pour ceux qui rechercheraient un emploi plus classique, il faut savoir qu’une centaine d’entreprise françaises sont implantées au Burkina et représentent 75% des investissements étrangers, dans des secteurs tels que le coton, le fret, la grande distribution, etc.
Quelque soit l’option choisie, travailler au Burkina Faso est une découverte permanente. Chaque jour, on comprend un peu plus les cultures, les traditions et les modes de vie qui animent la soixantaine d’ethnies burkinabè. Peu à peu, on constate certaines différences de perception qui nous poussent à élargir notre esprit et réfléchir en dehors de notre cadre habituel.

* IDH : Indice de Développement Humain. Indice statistique composite,  créé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en 1990 pour évaluer le niveau de développement des pays du monde. L'IDH se fonde sur trois critères majeurs : l'espérance de vie, le niveau d'éducation et le niveau de vie. Le Burkina Faso se classe à la 181e position.

lundi 7 mai 2012

Histoire de vie


Roseline a 32 ans et 4 enfants, âgés de 3 à 15 ans. Née à Dano au sein d’une fratrie de 13 enfants, elle y réside toujours et partage sa cour avec ses trois « petits maris » (les frères de son mari) et leurs familles. 

Roseline et son fils cadet de 3 ans, Winselas

Comme la plupart des femmes de la région, Roseline est dolotière (elle prépare la bière de mil locale, appelée dolo). Son mari cultivateur a peu de revenus, alors dès qu’elle réussit à se procurer du poisson, Roseline prépare du poisson frit et de la soupe de poisson pour vendre au bord de la route. Cela lui permet de payer le savon pour sa famille. 

C’est en 2009 qu’Armel Guenguere, Responsable Développement Durable chez Entrepreneurs du Monde, l’aborde alors qu’elle est en train de frire le poisson au bord du gourdron, sur un foyer trois pierres traditionnel. Armel lui montre les quelques foyers améliorés qu’elle a apportés dans son véhicule pour les premières sensibilisations dans la région. Tout de suite, Roseline comprend l’intérêt de ce produit et devient la première femme de Dano à acquérir un foyer amélioré roumdé par l’intermédiaire d’Entrepreneurs du Monde. 

 Roseline et son foyer amélioré, sur lequel elle frit le poisson

Quelques mois plus tard, quand Armel revient avec des réchauds à gaz, Roseline n’hésite pas. Comme elle avait déjà adhéré à AsIEnA, institution de microfinance partenaire d’Entrepreneurs du Monde, pour l’acquisition du premier foyer, Roseline peut désormais bénéficier d’un crédit pour l’achat du réchaud à gaz. Grâce à ce système financier avec lequel elle paie environ 7 500 FCFA (11,5 euros) pendant 3 mois, Roseline affirme que les revenus de la vente du poisson et les économies réalisées lui ont facilement permis de payer son crédit. 

Le sourire aux lèvres, Roseline nous raconte dans quelle mesure ces produits « ont apporté beaucoup de changements dans sa vie ». S’il pleut, elle peut quand même préparer à manger sur le réchaud à gaz à l’intérieur de sa cuisine, la préparation est plus rapide, plus propre et Roseline est moins fatiguée. Elle ne regrette pas le temps où, cuisinant sur un foyer trois pierres, la chaleur lui provoquait des maux de poitrine, la toux, et elle avait constamment de la fumée dans les yeux. 

Mais surtout, ces fourneaux lui font réaliser des économies importantes, qui lui ont permis de faire face à la hausse du prix du bois et au doublement du prix du mil, matière de base de son activité de dolotière. Sans cela, Roseline aurait été bien embêtée. Elle témoigne : « Les gens ne veulent pas que l’on augmente le prix du dolo, et c’est difficile car tout le monde prépare le dolo. Je trouve rarement du poisson pour faire la soupe et je ne peux pas faire d’autres activités ». 

Désormais détentrice d’un foyer amélioré roumdé et de deux réchauds à gaz, Roseline économise plus de 5 500 FCFA (8,5 euros) de combustible par mois. Grâce à cet argent, elle a pu renforcer ses activités génératrices de revenus : elle a acheté un vélo pour aller chercher le poisson à une dizaine de kilomètres de Dano ainsi que des nouvelles marmites et pots pour la préparation du dolo. Elle peut également aider son mari à payer la scolarité des enfants et régler les ordonnances de son papa âgé. En outre, Roseline a abandonné le charbon au profit du gaz, réduisant ainsi son impact sur l’environnement. 

Aujourd’hui, on compte 6 foyers améliorés roumdé et 4 réchauds à gaz dans la cour de Roseline, qui a su convaincre ses belles-sœurs des bienfaits de ces produits. Les foyers trois pierres, gros consommateurs de bois, ont disparu.

Visite d'une mine d'or artisanale à Koper

Le Burkina Faso n'est plus un pays à vocation exclusivement agricole et d'élevage. Désormais, il faut compter avec l'or, qui est devenu le premier produit d'exportation du pays.  
En mission à Koper, Benoit nous conduit vers une mine d'or artisanale, ou un agent de sécurité nous propose de nous guider. Comme lui, 8 agents ont été affectés par le Gouvernement sur ce site, où les problèmes de sécurité ne sont pas rares.

 Les hommes creusent selon un axe prédéfini, à la recherche de l'or rare. 

 Les trous peuvent atteindre 30 mètres de profondeur. D'en haut, on entend quelques bruits qui nous font savoir qu'en-dessous, des hommes travaillent.

 Les hommes y descendent à mains nues, sans corde, une lampe scotchée au front. Seul des petits trous ont été creusés sur les parois, pour faire escalier. 

 Un village s'est organisé autour de la mine informelle, qui existe depuis douze ans. On y trouve de tout. Des générateurs apportent un peu d'électricité.

 Les hommes ressortent des galeries souterraines avec des sacs de terre, contenant de l'or. 

De bassines en passoires, avec l'aide d'eau et de mercure, les hommes extraient les paillettes d'or de la boue. 


Sous une paillote, les tractations vont bon train entre les vendeurs et les acheteurs venus de Ouagadougou. L'équivalent du poids d'une allumette en or sera vendu 2 000 FCFA, soit 3 euros, pour combien d'heures de travail ?